Un second petit Prince !

Je ne dirai pas qu’une grossesse ne fait pas l’autre car malheureusement pour moi, j’ai eu deux grossesses compliquées. J’ai toujours traversé une période compliquée au cours des 9 mois : pour Gabriel, il s’agissait d’une suspicion de trisomie et pour Charles, il n’était pas évident que ma grossesse se poursuive suite à un hématome assez conséquent sur l’utérus (3 mois de grossesse) avec des saignements importants. On m’a ensuite pas mal embêtée avec une histoire de diabète gestationnel … au final, pour rien !

Pour mes deux fils, je n’avais donc qu’une hâte ; c’était d’accoucher même si j’appréhendais beaucoup. On m’avait dit pour mon premier : ” Tu as eu une mauvaise grossesse mais tu auras un bon accouchement, tout ne peut pas être si difficile”… Je crois que ces paroles ne m’ont pas porté chance … des contractions sur deux jours, un accouchement qui a trainé avec forceps, ventouse et épisiotomie bref ! En sortant de la maternité, j’ai dit à Monsieur que je ne voulais plus d’enfant car j’avais trop souffert aussi bien psychologiquement que physiquement. J’ai subi le Baby blues de plein fouet les premiers jours à la maison car j’avais peur de tout faire mal. J’étais très fatiguée et mon corps me le faisait comprendre … plus d’une vingtaine de séances de rééducation du périnée pour me sentir à nouveau “moi-même”. Cet accouchement et cette grossesse me laissaient un goût très amer et je ne voulais plus revivre ça. Je me suis déjà confiée sur ce sujet ; je vous renvoie à mes précédents articles.

La vie en a pourtant décidé autrement puisqu’en septembre 2017, j’apprenais que j’étais de nouveau enceinte. Et là, j’ai paniqué, stressé, angoissé … oui, c’était plus fort que moi ! J’étais persuadée de revivre de mauvais moments … malheureusement pour moi, la grossesse n’était pas top avec beaucoup plus de maux (nausées non stop les trois premiers mois, grosse fatigue, douleurs ligamentaires et sciatique) que pour ma première. J’avais hâte d’accoucher là encore mais j’avais vraiment peur… j’avais toutes ces “mauvaises” images/paroles en tête : Gabriel coinçait dans le bassin, la décision des forceps, l’épisiotomie, sa petite tête douloureuse dès les premiers moments de vie, la sortie difficile, les nombreuses séances d’ostéopathe, de rééducation qui n’en finissaient pas bref …

Pourtant, je voulais accoucher et ce rapidement. Charles était bien au-dessus des courbes de poids et physiquement, je sentais nettement la différence avec Gabriel. Je me sentais mal dans mon corps, je souffrais au moindre effort alors que j’étais pourtant sportive avant d’être enceinte ! Tout devenait insurmontable. Pourtant, il fallait que je me bouge pour tenter d'”accélérer” les choses. Accouchement prévu le 31 mai … et bébé faisait déjà 3,5 kg à 37 SA ! Je m’étais mise dans la tête qu’une césarienne programmée ne serait pas de refus car j’angoissais à l’idée d’accoucher d’un bébé plus gros. On me l’a refusée à la maternité et je ne peux que remercier ces personnes aujourd’hui car j’ai vécu un très bel accouchement qui est venu “effacer” tous ces mauvais souvenirs et cette expérience douloureuse.

Vendredi 11 mai : perte du bouchon muqueux le matin (c’était donc bien un signe ?!) premiers maux de ventre l’après-midi mais c’était gérable jusqu’au soir où les premières contractions survenaient vers 20h. On les reconnaît les méchantes ! Une douleur que j’avais à tout prix voulu oublier mais qui revient d’un coup en mémoire ! Je n’ai pas dormi de la nuit ; les contractions se rapprochaient et au petit matin (vers 6h/7h) , le samedi 12 mai, je ne tenais plus ! Monsieur part au travail (pas le choix), persuadé que de toute façon ce n’était pas pour maintenant. Humour ?! Ma belle-mère arrive, prend en charge bébé chat numéro un ; j’ai le temps de finaliser ma valise, de me doucher et surtout de me maquiller ! Pas question d’arriver à la maternité en mode “je sors de mon lit même si je n’ai pas dormi de la nuit et que je vais manquer de sommeil les prochains jours” !

Arrivée à la maternité, premier examen par une sage-femme, le col était dilaté à 2/3cm. Et là je me dis : ”  Toute cette souffrance pendant la nuit pour ça ?! Un centimètre toutes les heures ? Ouch … “. Je peux vous dire qu’après, on regarde souvent l’horloge ! Monitoring de contrôle et les contractions sont de plus en plus douloureuses. Je reste à la maternité dans une chambre à regarder en boucle les  reportages bidons du samedi après-midi (je peux vous dire que je connais tout sur l’histoire du prince Harry avec Meghan Markle !). L’acupuncture a beaucoup aidé (j’étais sceptique et pourtant !) ; à 16h je passais en salle de naissance avec un col à 4/5cm. Monsieur était arrivé entre temps, zen, comme toujours, ce que j’admire beaucoup chez lui ! 17h : péridurale (plus sensible que pour mon premier accouchement) … et là, délivrance ! Les douleurs se sont peu à peu atténuées et j’ai pu me reposer l’espace de deux heures. Un exercice avec le ballon a suffi … rupture de la poche des eaux (mieux vaut tard que jamais !) vers 19h45. J’ai accouché à 20h03 ; en peu de temps et en quelques poussées seulement, notre petit Charles était là, sans le moindre souci !

Je peux dire donc dire que cette fois-ci, j’ai eu un véritable accouchement : une sage-femme extraordinaire, professionnelle et passionnée, qui a su me rassurer, me dire que j’étais capable et qu’elle n’appellerait pas un obstétricien, que ça ne se passerait pas pas comme lors de mon premier accouchement. J’enviais les femmes qui accouchaient rapidement dans l’émission “Baby Boom”, qui attrapaient leur bébé et qui profitaient pleinement de ce moment magique ; je l’ai vécu, je sais que ça existe et c’est tout simplement indescriptible ! Je garde en mémoire le moment où j’ai attrapé mon fils et ce souvenir n’aura jamais aucun prix …

J’avais accouché, sans forceps, sans ventouse, sans épisiotomie … j’avais réussi malgré la douleur. Je n’avais pas ce sentiment d’échec que j’avais gardé lors de mon premier accouchement. J’avais une petite déchirure mais je m’en fichais ; j’étais heureuse, sereine, j’avais même oublié la fatigue qui était pourtant bien présente.

Nous sommes ensuite restés à trois en salle de naissance à faire du peau à peau à tour de rôle avec notre deuxième fils Charles, “petit” prince de 3,790kg.

Mille fois j’aimerais remercier l’équipe qui m’a suivie, sages-femmes et aides soignantes, qui était là pour m’accompagner dans ce moment rempli d’émotions car oui, lors d’un accouchement on pleure ! Même si c’est un deuxième, c’est toujours la même magie, le même sentiment de fierté, d’accomplissement, de plénitude en tant que parents…

← Article précédent

Nouvelle vie à quatre

Article suivant →

Organiser une Baby Shower

Écrit par Alizée

Le journal de bord et les confessions d'une jeune maman qui aime écrire et partager son quotidien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *